Souvenirs d'une personne marquante (3)

La personne qui m'a le plus marquée

 

La personne qui m'a le plus marquée dans ma jeunesse est ma maîtresse Mme Germaine Turcotte, malheureusement aujourd'hui décédée. J'était en 6, 7, 8 et 9e années avec cette bonne professeure, quel bonheur! Elle aimait vraiment ses élèves et avait à cœur notre réussite. Elle avait trois garçons et elle ne les couvait pas, puisqu'elle était égale avec tous ses élèves, ce que j'aimais d'elle. Je me rappelle des rédactions qu'elle nous faisait faire sur les saisons ou tout ce qui touche à la nature. Mes saisons préférées étaient l'automne et le printemps. À la fin de l'année, on faisait une classe-nature sur une ferme. On ramassait des plantes qu'on classait dans un « scrapbook » pour ensuite constituer un herbier. Pendant ce temps, les garçons couraient après les filles avec des crapauds et des couleuvres. On pique-niquait près d'un bois et de retour à l'école on ouvrait les livres de sciences pour identifier notre cueillette. Cette sortie finissait bien l'année!

 

Tour ça pour vous dire combien je l'aimais et que je pense souvent à elle, ce petit bout de femme de 4 pieds et 8 pouces.

 

Merci pour tout ce que vous m'avez apporté.

Je vous aime.

 

Rita Busque

Saint-Léon-de-Standon

Un personnage marquant de mon enfance…

 

Incontestablement, spontanément, ce qui me vient en tête et au cœur : ma mère…

 

Mais quoi dire? Par où commencer pour parler, avec toute cette charge d’émotions qui m’arrive comme une boule au creux de l’estomac ?

 

Toute petite c’était tout ce qui faisait ma vie belle : La sécurité, la confiance, la bienveillance, la protection, l’Amour avec un grand « A »… Les soins patients à toute heure de la nuit comme du jour (et j’étais pourtant la 13e enfant vivante. Il y en avait 12 autres à s’occuper…).

Elle était pour moi comme l’astre le plus important au milieu de mon ciel.

 

Mais ça ne dit rien de sa vie qui semblerait bien irréelle à une jeune femme d’aujourd’hui. Les époques ont tellement changé. Pourtant, par cet écrit, je voudrais laisser pour elle une petite empreinte d’éternité.

Alors, essayons encore…

 

Née dans les débuts des années 1900, 1916 pour être plus précise, la vie de ce temps était, pour bien des gens, faite de petites et de grandes misères. Très peu scolarisée, faute de moyens, elle a quitté l’école vers sa première année. Pas le choix! Pas de linge qui convient, pas de bottes l’hiver, trop pauvre… Elle savait à peine lire. Elle s’est bien rattrapée ensuite…

 

C`était comme ça en ces temps-là, la vie parfois.

Elle était rude. Vie où l’on apprend à la dure qu’il faut se tenir debout, se battre et combattre tous les coups du sort pour survivre.

 

Vie qui forge le caractère.

Difficile à imaginer aujourd’hui…

J’ignore à quel âge elle a définitivement quitté l’enfance.

 

Elle a commencé à travailler dans une usine de textile à 13 ans à peine. Une enfant…C`était illégal, même en ces temps-là. Mais elle voulait aider. Elle a prétendu en avoir 16. Elle les paraissait, paraît-il. Ils l’ont crue disait-elle et engagée.

 

Un temps de jeunesse « folle » ?

Pas sûre…Pas longtemps en tout cas . Elle parlait parfois d’une cousine avec qui elle a fait quelques sorties vers 16 ans. Elle a rencontré son Albert au travail et s’est mariée à l’âge de 18 ans. Aujourd`hui, on dirait : presqu`une ado. Et pourtant…

 

Deux ans de lune de miel… Et ensuite, une vie semée de grossesses quasi constantes. 18 !

 

Ça aussi c'est difficile à imaginer aujourd’hui…

Influence religieuse qui voulait peupler le Québec de petits Canadiens français…Elle n`était pas la seule dans notre quartier. Il y en avait d’autres comme elle. Clergé parfois très autoritaire qui faisait peur au pauvre monde, loin du Bon Dieu auquel on aspire…

 

Aujourd’hui souvent ça fait sourire, mais c’était leur réalité à elles, et pas toujours comique. Ça mérite plutôt tout notre respect.

 

Elle en a réchappé 14 vivants, presque 15, car l’un est mort bébé d’une coqueluche. Drame…Petite tombe blanche exposée dans la maison. Je ne l’ai jamais connu, car c’était bien avant moi (je suis au 13e rang dans la lignée et lui était au 3e). Pourtant, elle en parlait encore et s’en souvenait toujours d’une façon bien vivante, bien des années après.

 

Son petit ange peut-être… Son petit Marcel.

Comment a-t-elle a fait? Mais où puisait-elle toute cette énergie, toute cette force? Tout au long de ces années où elle a affronté le quotidien, les soins à donner, la maladie de ses enfants, celle de son mari, puis la perte brutale de celui-ci dans un accident alors qu’elle avait encore 5 enfants aux études à la maison. Tous ces soucis… Une maisonnée à gérer toute seule, de son mieux, dans une époque en plein bouleversements.

 

Comment a-t-elle a fait? C’est encore un mystère pour moi. Je me demande de quel bois était fait cette femme, comme toutes les autres de son époque? Souvent bouleversées dans leurs repères, avec les mentalités qui changeaient à une vitesse folle . Elles ont traversé avec courage toutes les tempêtes. Contre vents et marées, elles sont restées debout à faire à tous les jours un pas de plus pour leur salut. Il fallait être solide. On les voyaient régulièrement à l’église.

 

S’en remettre à ses Saints-Patrons était sans doute une façon de calmer l’anxiété qui montait inévitablement par moments.

 

Peut-être était-ce là où elles trouvaient la force de surmonter tous les obstacles et toutes les peines. Elles avaient à cœur le Bien, le Bon et orientaient leur vie vers ce phare. C`était une autre époque…

 

Moins de distractions, moins de technologie, moins d’images de personnes médiatisées… Mais assurément une période de plus grande authenticité.

 

Certainement femme de caractère, on dirait d’elle aujourd’hui probablement femme de tête. Moi, je dirais surtout femme de cœur.

 

Ma mère était à la fois très forte et très vulnérable.

Elle a projeté l’image d’une femme capable de se tenir debout, et ce, bien avant l’heure, et probablement sans le savoir. Se tenir debout oui, mais en écoutant aussi le cœur des autres.

 

Et pourtant elle ne parlait pas de féminisme. De plus, comme bien d’autres courageuses de son époque, elle avait ce mot en horreur… Ironie du sort.

 

Elle s’en est alléee depuis longtemps déjà, plus de 20 ans avec d’autres comme elles qui ont fabriqué notre histoire discrètement.

 

Elle s’appelait Lucienne Lussier.

 

Aujourd’hui, c’est un grand MERCI que je veux lui envoyer là où elle est.

 

Merci à elle et à toutes les autres qui, comme elle, ont donné le meilleur d’elles-mêmes jour après jour, un pas après l’autre et ont tellement contribué à ce que nous sommes devenus aujourd’hui.

 

« Petit train va » loin disait-elle… 

Merci maman.xxx

 

Ta fille Madeleine

Le nouveau-né

 

Le nouveau-né

Est comme une fleur

Qui, dès qu'elle est semée

A besoin de douceur

 

Dès qu'il voit la vie

Déjà il se fait aimer

Car tout autour de lui

Il a été désiré

 

La fleur s'ouvre et s'épanouit

Comme l'enfant ébloui

Qui voit pour la première fois

L'image réelle de la joie

 

Le nouveau-né

C'est une source de bonheur

Où chaque famille peut puiser

Du plus profond de son cœur

 

Poème pour ma petite Véronique, ma 1ère fille que j'adore

Saint-Léon-de-Standon