Souvenirs des maisons d'enfance

Micheline Fournier a aussi encouragé les visiteurs du Symposium artistique patrimonial 2012 à composer un texte sur des souvenirs de leur maison d'enfance. Plusieurs ont accepté de participer à l'exercice. Et les résultats sont formidables.

 

Voici quelques-uns des textes reçus:

 

 

Souvenir de M. André Hince

 

J'ai vécu 37 ans au 7è rang.

J'étais agriculteur avec mon père Louis,

On était une famille de onze enfants,

On a toujours mangé trois fois par jour.

Même si on n'était pas riche.

J'ai couru les érables,

On avait deux mille entailles.

 

En me mariant, en 1972, je me suis installé au village avec ma femme

J'ai travaillé au moulin à scie Lafontaine.

Ma maison,je l'ai rénovée un peu

En changeant les fenêtres, mis un clabord.

Présentement, nous sommes seulement tous les deux.

Nous avons eu trois filles et on a maintenant des petits-enfants.

 

 

André Hince,

Saint-Léon-de-Standon

maison d'enfance de André Hince
maison d'enfance de André Hince

 

Souvenirs de Jeannine Fournier

 

 

Mes parents sont natifs de Sainte-Claire

Et sont venus s'installer à la Crapaudière,

Où sont nés douze enfants qui ont grandi

Apprenant bien des choses de la vie.

 

Tout chacun avait son travail pour aider.

Beaucoup de cultures: du blé, du sarrasin

Comme c'était égraineux, on plaçait des catalognes

Au fond du panier et dans les côtés pour ne rien perdre.

On faisait moudre ça au moulin Bouffard dans le Chemin neuf.

 

L'hiver, on faisait du pain de blé

Et avec le sarrasin, on faisait des tireliches sur le poële à bois.

Qunad on revenait au pain blanc, le printemps,

C'était la fête!

 

On ramassait aussi une  express  pleine de citrouilles

Qu'on montait au grenier pour tout l'hiver,

Sucrée avec du sucre et, pour faire changement, parfois avec de la cassonade.

 

Il y avait aussi les petites fêves blanches et les grosses rouges

On cueillait tout le plant qu'on laissait sécher sur le papier journal

Et le vendredi soir, c'était la corvée pour les écaler,

Ça faisait de la poussière et on lavait le plancher le samedi.

 

Notre maison n'était pas grande

Mais on avait toujours une chambre pour la visite

Avec un lit en bois brun garni d'une barre appelée susbastement;

On y accrochait une lisière de beau coton lavée une fois par année

Et repassée avec un pli accordéon aux deux pouces.

Que c'était beau !

 

Au printemps, c'était la corvée des moutons

Couper la laine, la laver, l'écharpier

Et l'envoyer au moulin pour la faire carder.

Le rouet, on l'a vu rouler souvent et ma mère chantait...

C'est le bruit de la grande roue qui lui donnait le goût de chanter.

 

Je me souviens des naissances,

On nous disait « les sauvages passent »!

Et nous les enfants, on déménageait chez le voisin.

Quand c'était leur tour, ils venaient chez-nous

Et ça virait en petit party

On a grandi en apprenant bien des choses de la vie!

 

Si on avait besoin d'emprunter un outil des voisins,

On était averti d'y faire bien attention

Il fallait le remettre sans flâner et en bonne condition.

 

Aujourd'hui, à 83 ans, je n'oublierai jamais ce temps

Je suis active et veut le demeurer jusqu'à la fin.

 

 

 

Jeannine Fournier,

Saint-Léon-de-Standon

 

Jeannine et Paul devant la maison d'enfance de Jeannine
Jeannine et Paul devant la maison d'enfance de Jeannine